Lean management et cost cutting : quelles différences ?

Lean management et cost cutting : quelles différences ?

La différence entre lean management et cost cutting n’est pas toujours claire. Pourtant, elle est de taille. D’un côté, une méthode de management visant à faire croître le chiffre d’affaires. De l’autre, une technique qui vise à réduire au maximum les coûts. Le lean management va se focaliser sur l’optimisation des processus et de leurs coûts directs et induits. Le cost cutting, lui, va faire fond sur les chiffres en prenant moins en compte les autres paramètres. Deux méthodes bien distinctes qui méritent d’être différenciées.

Le cost cutting, une approche financière

Un audit financier

Le cost cutting consiste à réduire les coûts de fonctionnement de l’entreprise. Il va donc d’abord et avant tout s’intéresser aux charges financières qu’elle supporte. Pour ce faire, les « cost killers » vont réaliser un audit financier. Le compte de résultats leur servira de base, ainsi que les actifs et passifs du bilan de l’entreprise. L’approche comptable est indéniable. D’ailleurs, le cost cutting ne va que très peu prendre en compte les paramètres extérieurs au périmètre financier : compétences des salariés ou valorisation directe et indirecte de certains processus. Néanmoins, on ne peut pas réduire l’action du cost cutting à l’unique analyse des coûts. Cette méthode prend aussi en compte les objectifs qualitatifs et quantitatifs de l’entreprise. D’ailleurs, la philosophie du cost cutting pourrait se résumer ainsi « produire autant, au même niveau de qualité, en réduisant les coûts ».

Réduire les dépenses

Pour réduire les dépenses, objectif principal du cost cutting, les cost killers vont agir sur plusieurs leviers. Ils vont d’abord s’intéresser aux charges de l’entreprise, à commencer par un des postes essentiels : les achats. Dans une unité de production, les achats font partie d’un des trois principaux postes de charges avec le personnel et l’énergie. La réduction des coûts des achats est aussi le levier le moins impactant pour l’organisation de la production. Il ne touche pas la structure directement puisque la « pression » de réduction de coûts est reportée sur les fournisseurs. Mais le cost cutting va aussi s’intéresser aux coûts de fonctionnement de la structure. Pour cela, il va analyser les gros postes de dépenses de l’entreprise comme :

  • le personnel ;
  • les frais généraux ;
  • les opérations de maintenance ;
  • les coûts de déplacements et rendez-vous commerciaux, etc.

Le cost cutting va aussi recenser les possibilités d’investissements qui permettraient de réduire les coûts globaux sur le court, moyen et long terme, avec, par exemple : le renouvellement d’un parc machines, la mise en place d’un CRM, d’un ERP ou l’obtention de subventions et autres crédits d’impôts. Il s’agît donc d’une approche globale visant à améliorer la performance financière de l’entreprise.

Le lean management, une approche managériale

Un audit process

Le lean management se distingue par son approche managériale. Son objectif est d’améliorer l’efficacité-coût de l’organisation en agissant sur les processus et les compétences de chaque individu. Le lean management débute donc toujours par un audit processus au cours duquel sont analysés tous les flux :

  • physiques (achats, livraisons, stockage, transformation, emballage, etc.) ;
  • humains (interface homme/machine, compétences, déplacements) ;
  • documentaires (données, acquisition client, ERP, qualité, etc).

Le lean management va ensuite s’employer à analyser chacun de ces flux dans le détail. Le but est de déterminer s’ils peuvent être améliorés ou si certaines étapes peuvent être supprimées. L’approche du lean management pourrait donc se définir ainsi « produire mieux, au même niveau de qualité en optimisant les coûts ».

Réduire les dépenses inutiles

Le lean management consiste à faire plus en dépensant moins. C’est donc un système de management par « le maigre ». Il va faire levier sur tous les éléments lui permettant de réduire les coûts par optimisation, à savoir :

  • la qualité (la gestion de la non-qualité, le traitement des défauts monopolise beaucoup de ressources) ;
  • la planification (une meilleure planification réduit les temps d’arrêts de production entre chaque commande ou de trajets entre chaque rendez-vous commercial) ;
  • les stocks (produire la bonne quantité et réduire les surplus, diminuer les immobilisations et augmenter la capacité de production utile) ;
  • la matière première (optimiser son utilisation pour réduire au maximum les pertes) ;
  • l’ergonomie des postes de travail (pour réduire et faciliter les déplacements des employés) ;
  • la formation (analyser les besoins en compétences et les adresser pour être plus efficace).

En agissant ainsi le lean management va réduire considérablement les coûts de l’entreprise. Il lui permettra d’être plus efficace, plus focalisée et donc plus rentable.

 

Même si le résultat final des deux méthodes est le même, réduire les coûts, lean management et cost cutting sont très différents. L’approche financière du cost cutting contraste avec celle managériale du lean management. Mais l’une n’est pas opposée à l’autre. Bien au contraire, dans certains cas, elles se complètent parfaitement.

Crédit photo : Pixabay / Stocksnap 

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