« Les facteurs clés de succès et les enjeux du snacking »

« Les facteurs clés de succès et les enjeux du snacking »

Fabien Brias est depuis 2001, le directeur général de l’entreprise familiale Forezia, spécialisée en particulier dans le snacking.

Pourquoi s’être lancé dans le snacking il y a 13 ans alors que l’entreprise Forezia était positionnée uniquement sur le marché des boucheries-charcuteries ?

Tout d’abord la volonté et l’idée d’être pionnier, d’avoir un coup d’avance. À l’époque, personne ne parlait réellement du snacking. Il fallait aussi trouver de nouvelles sources de croissance face à l’essoufflement progressif des boucheries et traiteurs.
C’était aussi une véritable opportunité de rencontres et de partenariats. Nous avions deux partenaires historiques, une chaîne de viennoiseries et un fabricant de sandwiches, qui nous ont fait confiance et nous ont aidé à démarrer.

Comment avez-vous construit votre développement ?

Nous avons suivi notre feuille de route, avec 3 facteurs clés encore valables aujourd’hui : innovation, spécialisation et services.
L’innovation a consisté à se différencier par notre offre de produits prêts à l’emploi : les tranchettes de filet de poulets déjà cuits et les produits tartinables type thon-mayonnaise.
La spécialisation s’est faite en deux temps, les créneaux porteurs d’une part et les nouvelles tendances qu’il a fallu sentir rapidement d’autre part. Concrètement, le sandwich à la française, les saladeries, les bagels pour lesquels nous étions pionniers il y a 6 ans, puis, plus récemment les coffee shops et les burgers.
Pour les services, nous avons mis en place un suivi commercial particulier, avec des équipes spécialisées dans le snacking.

Quels sont, selon vous, les leviers de demain qu’il faudra favoriser sur ce secteur ?

Nous allons continuer à suivre nos trois facteurs clés. Investir d’abord sur de nouvelles technologies adaptées aux nouveaux services clients : des ERP plus élaborés (Enterprise Ressource Planning : ndlr), de la vente web, proposer des solutions de suivi de livraison, etc. Renforcer le ciblage de la clientèle chaînée en proposant un sourcing dédié et réactif.
Nous avons aussi pour objectif d’optimiser le suivi commercial, en trois temps :

  • en intensifiant le maillage terrain pour créer plus de proximité ;
  • en renforçant le binôme commercial/assistant commercial ;
  • et, enfin, en responsabilisant davantage chaque commercial en augmentant le poids de leur portefeuille clients et en les incitant à référencer de nouveaux prospects : le chiffre d’affaire moyen d’un secteur a ainsi plus que doublé en quelques années.

Et les évolutions du marché que vous prévoyez ?

Il y aura une segmentation claire entre les offres low-cost et premium. Nous allons réduire le « ventre mou » de nos offres moyenne gamme car elles ne fonctionnent pas bien. Il faudra aussi se positionner entre l’économique ou le qualitatif, nous avons déjà choisi notre camp.
Nous allons continuer à anticiper et suivre d’autres concepts et de nouvelles tendances en cours ou à venir, comme le Tex Mex à emporter par exemple. Les groupements de points de vente s’accélèrent par ailleurs : pour les bagels notamment nous avons 6 chaînes qui prennent de plus en plus de poids. Nous devrons dans tous les cas rester à l’affût.

Et enfin, quelles évolutions au niveau du consommateur ?

Il est devenu expert et a trouvé sa place. Il cherche à présent la diversité dans le snacking au quotidien : entre saladerie, bagel et vente à emporter traditionnelle. Il y a aussi le développement de la volonté de bien manger, avec tous les critères attenants, la proximité la lisibilité-traçabilité et le made in France. Il est aussi devenu fidèle aux établissements qui proposent un bon rapport qualité/prix, un bon niveau de services, etc.
En plus de ces facteurs économiques mesurables, le consommateur cherche aujourd’hui à se faire plaisir dans un univers sympathique, ce qu’il faudra bien sûr prendre en compte.

 

Crédit photo : Forezia / JaimeVendre

Des articles qui pourraient vous intéresser
Laisser une réponse